Les lapins au placard, on ne ment pas aux moutards!

       En ce jour de premier avril j’avais pensé à vous faire une petite blague pour patienter avant la publication de mon prochain billet (qui me prend plus de temps que prévu). Mais puisque cette année la date chevauche celle du lundi de pâques, j’ai décidé de rester dans mon fauteuil à préparer sereinement ma crise de foie de demain. J’en profite cependant pour vous soumettre une idée: puisque certains réclament que l’on dise la “vérité” à leurs enfants, si on laissait les gens se marier tranquilles et qu’à la place on arrêtait de nous faire croire que les lapins pondent des œufs? Je ne dis pas ça innocemment bien sûr et tout scientifique que je suis, je m’attriste que l’on force l’oviparité chez ces animaux alors qu’on aurait très bien pu choisir comme mascottes des mammifères qui pondent vraiment. Laissez moi donc vous proposer une solution:

pwaaaques

Avec son poil soyeux, sa couleur chocolat naturelle et sa capacité à produire du lait ainsi qu’à pondre des œufs, l’ornithorynque est une alternative idéale au lapin de pâques. Avez-vous déjà entendu quelqu’un dire “les lapins sont tellement plus cools que les ornithorynques”? Non? C’est normal car les ornithorynques, surtout ceux de pâques, sont en tout point supérieurs aux lapins. Alors pour une fête 100% “scientifically accurate”, adoptez l’ornithorynque de pâques!

Les dinosaures ont-ils vraiment disparu?

Aujourd’hui je change un peu de style puisque j’ai décidé d’écrire un billet à destination du jeune public (je sais pas, ça m’a pris de parler de dinosaures et je suis logiquement retombé dans l’ambiance de mes 5ans et demi). Il faut donc s’attendre à quelques modifications dans le phrasé, qui ne conviendra pas à tous les âges, mais j’autorise quand même les adultes à venir regarder (je vous ai même laissé quelques messages cachés si vous laissez trainer votre souris sur les images). Bonne lecture.

       Quand j’étais petit, à l’école ou dans les livres, on nous apprenait que les dinosaures ont disparu il y a plusieurs dizaines de millions d’années à cause de fortes éruptions volcaniques ou de la chute d’une météorite géante. On nous expliquait aussi que tout ce qui reste d’eux aujourd’hui, ce sont les fossiles et les squelettes que l’on voit dans les musées. Je ne pensais pas qu’un jour on me dirait le contraire et pourtant, c’est ce que font les scientifiques d’aujourd’hui. Bien sûr, le stégosaure, le triceratops et le diplodocus ont disparu, mais il existe encore de vrais dinosaures à notre époque. Il en existe même beaucoup, dans tous les pays, dans les villes, les forêts, les jardins et parfois même dans les maisons. Ces dinosaures actuels, ce sont les oiseaux!

Du plus petit au plus grand, qu’ils mangent des graines ou de la viande, tous les oiseaux sont des dinosaures. Ils n’ont peut-être plus de dents, ni une longue queue de lézard, mais les oiseaux sont de la même famille que le tyrannosaure et le vélociraptor. On appelle cette famille: les théropodes. C’est en comparant des squelettes d’oiseaux à ceux d’autres théropodes exposés dans les musées que les scientifiques ont observé de nombreux points communs et ont compris qu’il existait un lien de parenté. Par exemple, les pattes arrières des oiseaux et celles des anciens théropodes n’ont que trois doigts, et leurs permettent de se tenir debout. Une autre ressemblance est la présence d’un os en forme de V ou de Y appelé la “fourchette”. Chez les autres animaux vertébrés, cet os est séparé en deux et forme les clavicules (ce sont elles qui rattachent les pattes avant au reste du squelette). Lors d’un repas pendant lequel on mange de la volaille, deux personnes se dispute parfois la “fourchette”, car il existe une superstition disant que cet os peut exaucer les vœux.

Mais ce n’est pas tout, le plus étonnant, ce sont les plumes! Pendant longtemps, tout le monde pensait que les oiseaux étaient les seuls animaux à en avoir. Mais aujourd’hui, grâce à la découverte de nouveaux fossiles, on sait que plusieurs anciens dinosaures (tous des théropodes) avaient déjà des plumes. Et ça vaut aussi pour le tyrannosaure et le vélociraptor! Seulement à l’époque, elles n’étaient pas aussi grandes que celles des oiseaux d’aujourd’hui et ne permettaient pas de voler. Pour le tyrannosaure par exemple, on pense que seuls les jeunes portaient des plumes et qu’elles ressemblaient à un duvet, comme chez les poussins. En revanche, le vélociraptor avait à la fois des petites plumes de duvet sur le cou et le dos, et des plus longues sur la queue et les pattes. Voilà donc encore un indice de la parenté entre les oiseaux actuels et les anciens théropodes.

Mais alors à quoi ressemblait le premier oiseau? Parmi les dinosaures fossiles les plus proches des oiseaux actuels, on trouve deux espèces, Archeopteryx et Epidendrosaurus, qui possédaient des ailes munies de longues plumes et pouvaient sans doute voler. À côté de cela, elles avaient aussi une longue queue, des mâchoires garnies de dents et leurs ailes portaient des griffes! On peut donc imaginer que l’apparence du plus ancien des oiseaux, leur ancêtre à tous, était proche de celle-ci. Au fil des générations, pendant plusieurs millions d’années, les descendants de cet ancêtre ont formé plusieurs espèces qui n’avaient plus de dents mais un bec, dont les griffes des ailes avaient disparu et dont la queue s’était fortement raccourcie. Encore plus tard, lorsque les grandes catastrophes ont provoqué l’extinction de presque tous les dinosaures, certaines de ces espèces ont survécu. De nouveau, génération après génération, pendant plusieurs millions d’années, leurs descendants ont encore formé de nouvelles espèces, toutes avec des tailles, des couleurs, des comportements et des habitats différents. Ce sont les aigles, les canards, les manchots, les moineaux, les colibris et toutes les autres espèces que nous connaissons bien aujourd’hui. Alors que nous les pensions éteints, nous côtoyons donc en réalité quotidiennement des dinosaures, transformés par des millions d’années d’évolution.

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Teaser Spongieux

       Aujourd’hui, pas de « dessin » au sens strict du terme, mais un petit coup d’œil sur un projet collaboratif qui se bâti discrètement dans les coulisses de StripScience. Depuis quelques temps déjà, nous avons entrepris de faire chauffer les cerveaux des biologistes et les tablettes numériques des illustrateurs en réalisant ensemble un immense arbre phylogénétique en Pixel Art! À terme, celui-ci comptera une centaine d’espèces représentées avec une esthétique rétro du meilleur effet, tout en tenant compte des données scientifiques les plus récentes concernant leurs relations de parenté. Si tout se passe bien, on peut même espérer la présence de quelques éléments interactifs qui permettront une meilleure navigation ou un accès à des infos supplémentaires. C’est un projet de longue haleine et nous n’en sommes qu’aux balbutiements, mais je peux d’ores et déjà vous montrer les premières espèces qui rejoindront le bestiaire (entièrement réalisées à la main). Il s’agit de 5 éponges (Porifera), organismes marins qui ne sont rien de moins que nos parents les plus éloignés dans le monde animal!

phylo-porifera

J’espère que ça vous a plu, je vous tiendrai au courant des avancées du projet, et ne manquerai pas de glisser quelques bestioles pixelisées dans mes billets à venir. À bientôt!